Audiovisuel : ce que proposent les principaux candidats
LE MONDE | 20.03.07 |
SÉGOLÈNE ROYAL (PS).
Dans son "pacte présidentiel", elle propose de remplacer le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) par une "haute autorité du pluralisme" dont les membres seront désignés par le Parlement "à une majorité des trois cinquièmes". Cet organisme aurait des pouvoirs élargis : garantir la liberté de la presse et des médias, "mais aussi élever le niveau d'exigence culturelle des médias audiovisuels". La candidate du PS est favorable à un renforcement des mesures anticoncentration et propose de taxer les recettes publicitaires des chaînes privées en faveur de l'audiovisuel public. "Jamais je n'accepterai que la culture et l'information soient abandonnées aux seules forces du marché et à la marchandisation galopante, induite par la mondialisation libérale", a-t-elle déclaré dans Les Inrockuptibles du 13 mars. Après les élections, elle entend proposer un débat national sur la télévision, le sous-financement de l'audiovisuel public et ses missions.
NICOLAS SARKOZY (UMP).
" Il n'y a jamais eu autant de chaînes publiques et jamais aussi peu d'émissions culturelles à la télévision. (...) Le sujet, c'est de renforcer la programmation culturelle sur les chaînes généralistes, aux heures de grande écoute, avec des programmes de qualité", a déclaré Nicolas Sarkozy lors de la convention de l'UMP sur la culture, le 24 janvier. Le candidat souhaite que le Parlement soit associé aux nominations au CSA. S'agissant d'Internet, Nicolas Sarkozy estime que son accès doit être reconnu comme "une obligation de service public" sur tout le territoire et souhaite "favoriser son usage" dans l'éducation.
FRANÇOIS BAYROU (UDF).
Il est pour un élargissement des compétences du CSA à l'ensemble des médias, pour limiter les concentrations et les pressions de l'Etat. Il propose qu'une loi garantisse la séparation effective des pouvoirs politique, économique et médiatique. S'agissant de la télévision publique, il demande que ses missions soient "repensées" afin qu'elle ne soit pas "une pâle imitation des chaînes privées".
JEAN-MARIE LE PEN (FN).
"Il faudra s'attacher à restaurer l'indépendance de la presse écrite et audiovisuelle", indique le programme du FN. Le fait que les grands groupes de médias appartiennent à des sociétés en étroite relation avec l'Etat "pose un vrai problème de crédibilité". La neutralité politique de l'audiovisuel public "devra être réaffirmée". La liberté d'expression sur Internet "doit être garantie et renforcée". Le leader du FN demande également un accès Internet rapide pour tous les Français.
Les producteurs de l'audiovisuel entrent en campagne
LE MONDE | 20.03.07
Le 25 janvier, au Festival international des programmes audiovisuels (FIPA) à Biarritz, l'Union syndicale des producteurs audiovisuels (USPA) interpellait les candidats à l'élection présidentielle, déplorant que "la télévision - sa nature, ses enjeux, sa finalité citoyenne - soit complètement absente du débat politique", alors que "chaque Français passe en moyenne plus de trois heures par jour à regarder la télévision".
Un mois plus tard, le 24 février, Pascale Ferran, lors de la cérémonie des Césars, appelait de ses voeux la refondation méthodique "des systèmes de solidarité mis à mal" et la restauration des conditions de production et de distribution des films. La réalisatrice de Lady Chatterley achevait son discours par ces mots : "Nous n'y arriverons pas sans une forme de volonté politique d'où qu'elle vienne. Or, sur de tels sujets, force nous est de constater que celle-ci est désespérément muette. Mais rassurons-nous. Il reste 55 jours aux candidats à l'élection présidentielle pour oser prononcer le mot "culture"".
La place médiocre faite dans la campagne aux questions de pluralisme des médias, à l'audiovisuel public, au financement de la création et au problème de l'emploi culturel a donc conduit plusieurs associations de professionnels à prendre les devants pour amorcer un débat qui tardait à venir. Dès la fin janvier, la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) a lancé le site www.2007culture.org pour mettre en ligne, au fil des jours, les discours et propositions des candidats et constituer un espace d'échanges pour les créateurs.
Le 14 mars, la SACD a aussi rendu publiques ses propositions dans le domaine du cinéma, du spectacle vivant et de l'audiovisuel. Parmi ses revendications auxquelles se sont associées d'autres sociétés d'auteurs, comme le Groupe 25 images, figurent l'augmentation des obligations d'investissement et de production de France Télévisions et le renforcement de ses missions culturelles, par une diffusion moins tardive des spectacles vivants, des films du ciné-club et des concerts.
La SACD a également envoyé, il y a dix jours, treize questions aux candidats, afin qu'ils détaillent, notamment, leur engagement en faveur de la création et de l'audiovisuel public, les ressources financières qu'ils comptent allouer au service public via la redevance, et d'une éventuelle contribution des fournisseurs d'accès Internet (FAI) à la production d'oeuvres audiovisuelles et cinématographiques.
Des revendications que partage la Société des réalisateurs de films (SRF), présidée par Cédric Klapisch, qui a demandé, le 2 mars, aux candidats à l'élection présidentielle de répondre à dix questions précises portant sur leur projet de politique culturelle (www.la-srf.fr).
De son côté, le Syndicat des radios et télévisions indépendantes (Sirti) mène campagne, par mails, courriers et téléphone, auprès des candidats à l'élection présidentielle. " A la télévision, la place des indépendants est très menacée, surtout depuis la fusion TPS-CanalSat. Aucun n'est présent, par exemple, sur la TNT nationale où toutes les chaînes sont issues de grands groupes nationaux ou multinationaux. C'est l'enjeu à venir pour les politiques puisque c'est l'Etat qui régule ce secteur. On veut donc attirer leur vigilance", indique Matthieu Kuetel, le vice-président du Sirti.
De son côté, l'USPA plaide pour une extension du champ du crédit d'impôt audiovisuel aux documentaires et aux coproductions européennes et pour une hausse des obligations d'investissement des chaînes afin de dynamiser l'emploi.
Le syndicat défend également l'idée d'"un programme pluriannuel de remise à niveau des ressources du service public" par une hausse significative de la redevance. Pour l'heure, aucun candidat, hormis José Bové, ne prévoit une hausse de la redevance. La Fondation France Télévisions organise, lundi 26 mars à La Mutualité, à Paris, un débat sur le thème "Quel avenir pour la télévision publique dans la France de demain ?", avec les contributions des candidats à la présidentielle.
Le lendemain, 27 mars, des cinéastes de SRF questionneront, lors d'un débat intitulé "Les politiques réalisent-ils ?" organisé au cinéma Le Panthéon, à Paris, les représentants des candidats PCF, PS, UDF, UMP et Verts. Ceux-ci devront y évoquer les rapports entre cinéma et Internet, l'avenir de la télévision de service public, le combat pour la diversité dans la diffusion des films, la défense du droit d'auteur et le régime d'assurance-chômage des intermittents.
Macha Séry
Autres articles:
"Dailymotion n'est pas à vendre" http://www.lefigaro.fr/medias/20070322.FIG000000107_dailymotion_n_est_pas_a_vendre.html
Les géants américains des médias s'unissent sur Internet contre YouTube
LEMONDE.FR avec AFP | 22.03.07
La création du plus large réseau de distribution de vidéo sur Internet a été concrétisée, jeudi 22 mars, par la signature d'un accord entre les groupes NBC et News Corp et plusieurs portails comme AOL (Time Warner), MSN (Microsoft), Yahoo ou encore Myspace.
Le nouveau service, qui devrait être lancé cet été, offrira "des milliers d'heures de vidéo haut de gamme" issues du catalogue des deux géants des médias et devrait être principalement financé par la publicité, selon un communiqué. Les portails distributeurs, qui revendiquent une audience cumulée représentant 96 % des visiteurs uniques sur Internet aux Etats-Unis, pourront ainsi offrir des contenus gratuits (films, clips ou séries télévisées) intégrés dans leurs pages et habillés selon leurs propres chartes graphiques.
Lancé sous l'impulsion de NBC et News Corp, ce projet vise à contrebalancer l'hégémonie de YouTube, et donc de Google, en offrant un "contenu sûr et proche". Cette démarche, misant sur "l'audience croissante de la vidéo en ligne", semble avoir séduit plusieurs gros annonceurs, au rang desquels on trouve Cisco, Intel ou General Motors.
Viacom (Paramount, MTV), qui avait été sollicité pour se joindre au projet, privilégie la voie judiciaire en réclamant à Google plus d'un milliard de dollars pour violation de droits d'auteur.
vendredi 23 mars 2007
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