jeudi 26 avril 2007

Interview de Bruno Gaston, directeur des programmes de France 4

Par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos pour Ecrans/Libération, jeudi 26 avril 2007.

« Pas la peine de proposer des saucisses à Francfort »

Interview de Bruno Gaston, co-fondateur des Inrockuptibles, rédacteur en chef de Nulle part ailleurs à Canal +, et désormais directeur des programmes de France 4.

France 4 atteint 1,1 % après avoir longtemps stagné. La méthode Gaston ?
Y a pas de méthode Gaston. J’essaie de faire la télé que j’aurais envie de regarder. Il y a un truc génial avec la TNT c’est qu’on s’adresse à une population qui dans sa majorité n’était pas abonnée au câble ou satellite, qui n’avait que six chaînes. Là, pour une somme modique, ils en récupèrent dix-huit. Ca peut paraître un peu con, mais France 4, c’est une chaîne gratuite du service public et en ça, il y a une ambition.

Sport, séries, émissions branchouilles, c’est pas un peu le souk ?
Moi j’aime bien le souk. Je trouve ça important culturellement. Mais ce n’est pas un fourre-tout : il y a un fond de sauce qui ressemble à ce qui fait la télé, c’est à dire de la fiction et de la prod. De ce côté, et c’est pas du tout un jugement de valeur, France 4 est objectivement la chaîne la plus ambitieuse des chaînes gratuites de la TNT. Mais en plus d’émissions sur la musique, le cinéma, à côté des films, à côté de Toutaz avec Zazon, on est aussi une chaîne d’événements, de direct.

France Télévisions ne jure que par l’harmonisation de ses chaînes, le but c’est que vous récupériez tous les rogatons genre « Un gars, une fille »
Un gars, une fille est une série emblématique du service public, ce n’est pas sale ni imbécile de réexposer un programme vu ailleurs. Je ne suis pas d’accord avec cette idée de chaîne déversoir. Et l’harmonisation, c’est un truc qui nous sert beaucoup. Si on a accès à des grands événements sportifs, c’est parce que Daniel Bilalian, le patron des sports de France Télévisions se bat pour récupérer des droits.
Votre objectif maintenant ?
L’idée de faire une chaîne prescriptrice ne me lâche pas, c’est sans doute prendre de l’élan pour enfoncer une porte ouverte, mais moi la télé que je veux voir, c’est la télé qui me donne envie. J’arrive pas à me faire à l’idée que la télé française est aussi chiante.

Aucun commentaire: